De nouveaux repères nutritionnels pour le grand public et les professionnels de l’alimentation

Le Haut Conseil de la Santé Publique a proposé une révision des repères nutritionnels du Programme national Nutrition Santé, 2017-2021.Ces repères serviront de base au GEM RCN 3. Entre autres conseils, celui de privilégier les produits cultivés selon des modes de production diminuant l'exposition aux pesticides, et de limiter la viande rouge au profit des légumineuses.

PNNS

Le Programme National Nutrition Santé est une politique nutritionnelle, lancée en janvier 2001. Son objectif est d’améliorer l’état de santé de la population en agissant sur la nutrition.

Ce programme a été révisé en 2006 et 2011.

Le PNSS propose entre autres des repères alimentaires. Ce sont des indications de consommation quantitatives et qualitatives de différents groupes d’aliments. Ces repères sont destinés au grand public et aux professionnels de l’alimentation – notamment, les restaurants collectifs-. Ces repères sont des conseils, et non des recommandations et encore moins des obligations. Les recommandations du PNNS 3 sont disponibles ici (p 57).

En vue de la révision du PNSS, pour proposer un PNNS 4 (2017-2021), l’Anses a rendu un avis sur l’évolution de ces repères en février 2017. Le Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) a affiné cet avis par la suite (voir ici).

Les repères ont été divisés en deux types par le HCSP :

  • Les repères principaux de consommation : ce sont les critères de choix proposés comme prioritaires.
  • Les repères complémentaires : ce sont des critères qui représentent un plus dans l’alimentation.

Les évolutions proposées par le HCSP sont novatrices pour certains groupes d’aliment. La viande rouge notamment est ciblée, tandis que les légumineuses sont mises plus en avant.

Groupe d'aliment

Repères alimentaires du PNNS 2011-2015

Révisions proposées par le HCSP pour le PNNS 2017-2021

Repères principaux

Repères complémentaires

Matières grasses ajoutées (huile, beurre...)

Limiter la consommation

Eviter les consommations excessives

 

Privilégier les matières grasses végétales

Privilégier les huiles de colza et de noix et l’huile d’olive

Par rapport aux huiles pauvres en ALA (dont les huiles de tournesol, arachide)

Les matières grasses animales sont à réserver à un usage cru ou tartinable et en quantité limitée

Viandes, volailles,
produits de la pêche,
œufs

Une à deux fois par jour

Limiter la consommation de viande « rouge » ( bœuf, porc, veau, mouton, chèvre, cheval, sanglier, biche) et privilégier la consommation de volaille

Pour les amateurs de viande « rouge », limiter la consommation à 500g/semaine maximum

Produits céréaliers (Pain, pâtes, riz et autres produits céréaliers)

A chaque repas
et selon l’appétit

A consommer tous les jours, en privilégiant les produits complets ou peu raffinés par rapport aux produits raffinés

 

Légumineuses
Légumes secs : lentilles, pois chiches, haricots…

Au moins 2 fois par semaine

Les légumineuses peuvent être considérées par ailleurs comme des substituts des viandes et volailles

 

Concernant les matières grasses ajoutées (huiles, beurre…), les huiles de colza et de noix contiennent des oméga 3, que l’on retrouve dans le poisson, mais se détériorant à la chaleur et à la lumière. L’huile d’olive contient des oméga 9, ne se détériorant pas à la cuisson. La Normandie comprend plusieurs producteurs d’huile de colza : c’est un produit que vous pourrez trouver autour de chez vous !

Par ailleurs, les aliments raffinés, que ce soit les huiles ou les produits céréaliers, ont moins d’éléments nutritionnels que les aliments non raffinés, et sont moins rassasiants.

Par ailleurs, pour les fruits, légumes, légumineuses et produits céréaliers, le HCSP préconise dorénavant de privilégier des produits cultivés selon des modes de production diminuant l’exposition aux pesticides, par principe de précaution. Ce principe de précaution s’applique d’autant plus suite à la parution de certaines études[1] qui suggèrent que les pesticides présents dans notre alimentation[2] ont des impacts significatifs sur la santé.

Le HCSP conseille en outre, de façon générale, de privilégier l’utilisation de produits bruts, les aliments de saison, les circuits courts et les modes de production respectueux de l’environnement, c’est-à-dire avec une limitation des intrants.

Ces avis rejoignent deux des quatre priorités du PNA (Programme National pour l’Alimentation) 2017-2018 :

  • L’ancrage territorial pour renforcer le lien entre l’agriculture et la société, notamment en favorisant un approvisionnement de proximité et de qualité.
  • L’éducation alimentaire de la jeunesse par la transmission des savoirs et des connaissances sur l'équilibre alimentaire et l'alimentation durable, qui passe notamment par une valorisation des métiers de l’alimentation, des produits, des territoires ;

Le GEM RCN, Groupement d’Etude des Marchés en Restauration Collective et de Nutrition, est un guide pratique pour accompagner les restaurants collectifs dans leurs choix nutritionnels. Les recommandations portent sur les fréquences, les grammages des groupes de produits. Ce sont bien des recommandations, et non des obligations. Le GEM RCN actuellement disponible est la version 2, qui se base sur les repères de consommations du PNNS 3.

Les nouvelles préconisations du GEM RCN devraient donc prendre en compte ces évolutions préconisées dans le cadre du PNNS 4 ainsi que les nouvelles priorités du PNA.


[1] Les résultats d’une étude épidémiologique suggèrent qu’une alimentation riche en aliments bio pourrait limiter l’incidence des cancers (-25% de risque sur l’échantillon de 70 000 personnes) : à lire ici . Une étude menée par l’INRA montre qu’un cocktail de pesticides induit des troubles métaboliques significatifs chez des rats : à lire ici. Ces résultats nécessitent des travaux complémentaires.

[2] Les pesticides sont plus présents qu’on ne le pense dans notre alimentation : à lire ici.