Compte rendu de la formation « Plantation de haies » du 17 décembre 2015 à Saint-Vigor-d'Ymonville

Formation haiesDans le cadre de l'accompagnement du projet collectif de plantation de 10 km de haies porté par 5 agriculteurs autour de Bréauté, financé par un Crowdfunding de Greenpeace (Cf. P'tit Défi n°16), les Défis Ruraux ont organisé une journée de formation afin d'aider le groupe à préciser son projet.  Cette journée était également ouverte à toute personne intéressée par la thématique. Deux objectifs prioritaires ont été définis : la production de biomasse et la biodiversité. Deux intervenants ont apporté leur savoir-faire sur ces thématiques...

Thierry le Guehenneuc, conseiller sylviculture, Scop SARL « Avant premières » (200 km de haies plantées à son actif) . Il intervient sur le sujet depuis de nombreuses années en Bretagne à la faveur du programme régionale Breizh bocage.
Son intervention très riche a notamment consisté à relativiser l'injonction assez scolaire d'implantation d'une haie à 3 strates (haut-jet, taillis et bourrage buissonnant) contenant une grande diversité d'essences d'arbres. En effet, d'après lui, la haie qui dure est celle qui correspond à des besoins et aux moyens dont on dispose pour s'en occuper. A ce titre, des tronçons de haies à 1 ou 2 espèces permettent de rationaliser l'entretien et l'exploitation en évitant les problèmes de concurrence entre espèces et en répondant à des enjeux spécifiques à chaque linéaire (brise vent, cache vue, production de biomasse, abris pour les animaux, hébergement d'auxiliaires, blocage des dérives de produits phytosanitaires... La biodiversité est, dans ce cas, abordée à l'échelle de l'exploitation où l'ensemble des tronçons plantés pourra représenter une grande biodiversité.
Son 2ème message fort pour la production d'arbres de qualité en bois d’œuvre est le fait de laisser la place à la haie. Mieux vaut ne rien planter que de tailler sa haie sur une largeur de 30 cm en la laissant dépérir. Il propose même la plantation de double voire triple rangées qui évitent les conflits entre propriétaires en limites de propriétés, permettent une exploitation alternées qui laissent toujours une partie de la haie en place et surtout produit des arbres plus haut, plus droits et nécessitant moins de tailles de formation.

Jean-Paul Thorez, naturaliste, a apporté son expérience sur les plantations en mesure de favoriser la biodiversité. A retenir entre autre que les haies sont un élément important de la diversité des milieux à préserver pour permettre cette biodiversité. Ont,notamment été évoquées les trames vertes et bleues (mare, cours d'eau, prairies, grandes cultures, bosquets…) et l'importance de réfléchir l'implantation de la haie dans son contexte écologique. Dans la haie elle-même, certaines espèces peuvent être privilégiées pour favoriser certains animaux. Pour les insectes, il faut par exemple privilégier les tiges creuses du type sureau et laisser des petites branches mortes au sol. Le lierre est particulièrement important pour la nourriture des oiseaux et abeilles en fin de saison. Enfin, le rôle de la haie comme abri pour les auxiliaires des cultures est démontré mais il est préférable de planter un réseau de haies conséquent pour en mesurer les effets dans les cultures.

L'après-midi était consacré à des travaux pratiques sur les haies de l'exploitation de Hubert Lefrançois à Saint-Vigor-d'Ymonville. Ce dernier a planté des haies à vocation énergétique il y a une vingtaine d'années. Ce fut l'occasion d'apprendre à reconnaître les essences, d'analyser la densité de plantation ainsi que d'aborder la taille différenciée des essences de haut-jet. Pour Hubert, un pionnier, aux vues de l'objectif de production de biomasse, la haie joue pleinement son rôle.

Contact : Coralie Henke